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Société · impact

3 questions sur le futur des transports à Marc Tarpenning (Spero VC), cofondateur de Tesla

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Mathieu Bertolo

À l'occasion de la dernière édition du festival SLUSH à Helsinki, Marc Tarpenning, cofondateur de Tesla, investisseur chez Spero Ventures, a partagé à briefstory ses perspectives sur l'avenir des transports et a adressé un message aux nouvelles générations d'entrepreneurs.

Tesla vient tout juste d’annoncer des nouveaux records de ventes. Après une hausse déjà significative de 40 % entre 2021 et 2022, la firme américaine annonce aujourd’hui une hausse de ses ventes de 38 % entre 2022 et 2023. Soit un total de 1.845.985 produits et de 1.808.581 véhicules livrés. Ces chiffres importants pour une jeune entreprise sont certainement liés aux différents modèles de voitures et à la force de la marque, mais c’est aussi toute l’industrie du véhicule électrique qui croît rapidement. Le constructeur chinois BYD a quant à lui écoulé plus de 3 millions de modèles rechargeables en 2023, dont 1,6 million de 100 % électriques.

Après son passage sur la scène du SLUSH, Marc Tarpenning, l’un des cofondateurs de Tesla, aujourd'hui investisseur en charge des investissements en matière de développement durable chez Spero VC, nous a partagé quelques-unes de ses réflexions sur l'avenir, les défis et les opportunités de l'électrification des transports.

Vers une électrification globale et rapide des transports ?

D'après une étude de DNV après 2030, l'électricité pourrait compter pour quasiment un quart du mix énergétique des transports à l'horizon 2050. Pour Marc Tarpenning aussi, l'électrification dans la plupart des moyens de transport arrive massivement. Au-delà des enjeux évidents liés au changement climatique, ce sont d'autres avantages qui facilitent l'adoption des utilisateurs comme le plaisir de la conduite incomparable des voitures électriques et l'entretien.

Ce qu'il y a de bien avec les voitures électriques, c'est qu'elles ne sont pas seulement incroyablement efficaces. Elles sont bien plus efficaces que les voitures à essence et elles sont aussi bien plus agréables à conduire. Vous avez donc une voiture qui ne nécessite aucun entretien, qui est beaucoup plus agréable à conduire et qui est neutre en carbone. C'est une combinaison très intéressante pour un client.

Sa vision est donc celle d'un avenir proche où les véhicules électriques deviendront la norme, offrant une solution neutre en carbone et sans entretien. Pour lui, il est clair que nous devons aussi électrifier tous les autres moyens de transport, ou presque. À l'exception probablement des avions long-courriers, qui utiliseront du carburant aviation durable, car il n'est pas vraiment simple de les électrifier. Pour lui, l'accélération de l'adoption des véhicules électriques en ce moment est "tout simplement folle", il est évident que les voitures à essence constitueront très bientôt une niche pour passionnés.

La place clé de l’Europe dans le futur des transports

Concernant l'Europe, Tarpenning reconnaît son avance sur les États-Unis en matière de climat et de mesures de décarbonisation. Il souligne l'avantage de l'énergie verte en termes de décentralisation et d'indépendance énergétique. Pour lui, la guerre en Ukraine-Russie a vraiment mis en évidence cette dépendance énergétique. Et l'un des grands avantages de l'énergie verte est qu'elle tend à être décentralisée et que l'on n'est pas dépendant, évidemment, des combustibles de travail. La présence de Tesla en Allemagne est selon lui, un pari audacieux qui défie l'industrie automobile traditionnelle et montre la voie vers une mobilité électrique convaincante aux gros, aux "très gros poids lourds" de l'industrie automobile européenne.

Je pense donc que c'est une excellente chose que Tesla soit là. Cela montre aux constructeurs automobiles allemands et européens qu'il est possible de fabriquer des voitures électriques vraiment convaincantes, agréables à conduire et qui vont nous aider à décarboniser notre économie.

Message aux nouvelles générations qui entreprennent

Dans son intervention à SLUSH, Mark Tarpenning a reconnu la difficulté de prédire la prochaine grande innovation, mais il voit quand même l'IA comme une technologie transformatrice semblable à Internet. Il a aussi exprimé son intérêt fort pour la biologie synthétique, en particulier pour le développement de nouveaux produits agricoles qui sont autant nutritifs que savoureux et surtout adaptés à un climat changeant. Pour lui il s’agit avant tout de défis à relever.

Je crois que nous avons tous ces défis à relever qui semblent vraiment décourageants. Nous allons dépasser les 1,5°C, le train est parti… Il y a tant de choses que nous pouvons faire, tant d'adaptations, pour réduire l'intensité en carbone de tout ce que nous faisons et ensuite commencer à réduire le carbone. Je parle tout le temps à des jeunes qui s'inquiètent de l'avenir. L'avenir a toujours été perturbé. Nous ne sommes pas différents aujourd'hui de ce que nous étions auparavant, sauf que nous avons beaucoup plus de technologie. Nous soutenons beaucoup plus les entrepreneurs. Nous avons beaucoup plus de créativité et cela peut faire de grandes différences.

Pour lui, c'est donc le moment idéal pour explorer et trouver ce qu'il y a de mieux à faire pour le futur. Que ce soit dans le domaine du climat ou non. Lui se concentre plus particulièrement sur le climat. C'est le moment idéal pour cela car tout va changer. Selon lui l'économie ne peut pas continuer à fonctionner comme elle l'a fait jusqu'à présent.

Tous les aspects de l'économie vont être refondus au cours des 50 prochaines années. C'est le moment idéal pour agir.

C'est donc un message d'espoir et d'encouragement face aux défis climatiques apparemment insurmontables. Marc Tarpenning nous exhorte à entreprendre, utiliser la technologie et la créativité pour apporter ces changements significatifs. Sur un plan plus personnel, il nous a confié s'intéresser et investir dans la fusion nucléaire tout en précisant qu'il s'agissait là de son pari le plus audacieux.

Propos recueillis avec l'aide d'Alyosha Saari

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